Remarques:

* Les sujets de mémoires présentés ci-dessus sont parfois co-dirigés. Dans ce cas, je vous invite à contacter le/la chercheur.se responsable. Je reste bien sûr contactable également. 

* Dans tous les cas, je vous invite à faire un petit parcours de la littérature sur le sujet à partir de la base de données “scopus” (https://www.scopus.com/, cochez “social sciences and humanities”) avant de prendre rendez-vous. Cherchez avant tous les articles de synthèse (“reviews” dans la colonne de gauche). 

* Tous les mémoires exigent d’être en mesure de lire des références en anglais et d’avoir suivi le cours de méthodologie en psychologie sociale (ou équivalent). 

 

Pécarité économique, consommation alimentaire et obésité (avec Almudena Claassen: Maria.Almudena.Claassen@ulb.ac.be): Beaucoup de personnes qui sont en surpoids ou obèses appartiennent à une classe socio-économique défavorisée. Plusieurs raisons qui peuvent expliquer ce lien, telles que le peu de moyens disponibles pour acheter de la nourriture saine et moins des possibilités pour faire de l’exercice. Dans ce projet, nous examinons l’influence des processus psychologiques qui peuvent expliquer le lien entre la précarité et l’obésité.

 

Compréhension des allégations nutritionnelles (avec Maartje Mulders: mmulders@ulb.ac.be): Des allégations nutritionnelles peuvent être trouvées sur de nombreux produits alimentaires. La majorité de ces allégations nutritionnelles sont familières (p.e. fibre), mais certaines d’entre elles peuvent être moins familières (p.e. inuline). Ce mémoire se concentrera sur l’influence des allégations nutritionnelles connues et inconnues, et visera à répondre comment les allégation nutritionnelles peuvent influencer nos choix alimentaires.

 

Comment influencer le processus décisionnel des individus pour qu’ils mangent plus sainement? (avec Betty Chang: Betty.Chang@ulb.ac.be): Le but de ce projet est de examiner comment on peut manipuler l’environnement des personnes pour déclencher des mécanismes psychologiques les portant à faire des choix alimentaires plus sains. Par exemple, nous examinons l’effet de l’environnement social de la personne sur ses choix alimentaires. Nous regardons également si le fait d’induire la personne à penser à son futur pourrait également augmenter leur motivation à manger sainement.

 

Stéréotypes, préjugés, racisme sur les réseaux en ligne (avec Julia Eberlen: Julia.Eberlen@ulb.ac.be): analyse des interactions et commentaires d’internautes. Il y a la possibilité de soit élaborer un thème avec moi, soit de me proposer un thème autour de ce sujet (l’apprentissage des stéréotypes, les réseaux en ligne, les Réseaux et les stéréotypes de manière générale).

 

Thèmes liés à l’objectivation sexuelle (avec Philippe Bernard: pbernard@ulb.ac.be): 

Sexualisation, objectivation et neurosciences: Etude des mécanismes neuronaux impliqués dans la perception visuelle et la catégorisation des corps sexualisés vs. non-sexualisés

Sexualisation et mesures comportementales de l’objectivation cognitive: Percevoir un corps comme un objet prédit-il des attitudes et comportements sexistes?

Obésité et déshumanisation cognitive: L’obésité modifie-t-elle le traitement holistique des visages?

Médias visuels et objectivation du corps: L’exposition aux médias sexualisés induit-elle une objectivation cognitive des corps non-sexualisés?

Facteurs économiques impliqués dans l'(auto-)objectivation et la déshumanisation: Il s’agit de s’interroger sur la façon dont la relation de travail influence le a déshumanisation et l’objectivation. Le fondement de cette réflexion provient du texte suivant (voir en partie la dernière partie): http://jayporter.com/dispatches/observations-from-a-tipless-restaurant-part-1-overview/. Il peut toutefois être étendu.

 

Comment le rappel d’un événement passé influence l’appréhension du futur? (avec Djouaria Ghilani: Djouaria.Ghilani@ulb.ac.be): Ce projet examine les effets consécutifs à la comparaison entre un événement passé et un événement actuel (i.e., analogie historique). Nous nous focalisons plus précisément sur la perception du futur de la situation actuelle: est-ce que le fait de savoir comment s’est terminé un événement passé augmente notre capacité perçue à anticiper le futur d’une situation relativement similaire? Plusieurs mémoires sont possibles en lien avec cette question.

Théories du complot & Terrorisme (avec Djouaria Ghilani: Djouaria.Ghilani@ulb.ac.be): Nous avons fait remplir des questionnaires à un grand nombre de participants suite aux attaques sur Charlie Hebdo et celle de Paris en 2015. En utilisant ces données existantes, un mémoire pourra explorer le lien entre adhérence théories du complot et d’autres variables socio-psychologiques (ex., émotions ressenties après les attaques, niveaux d’islamophobie, soutien pour des mesures anti-terroristes, orientation politique etc.).

 

Théories du complot et polarisation de la société: Plusieurs thèmes en rapport avec les théories du complot. Facteurs conduisant à l’adhésion aux théories du complot / Conséquences de l’adhésion aux théories du complot sur différents comportements. Cf. mes travaux sur sujet (http://difusion.ulb.ac.be/vufind/Record/ULB-DIPOT:oai:dipot.ulb.ac.be:2013/185790/Holdings)

 

Mémoire collective (avec Pierre Bouchat: pbouchat@ulb.ac.be): On s’intéresse à la mémoire collective avec un intérêt particulier pour la mémoire de la première mondiale. Nous disposons déjà d’un large set de données comparant une vingtaine de pays. Le mémoire pourrait porter en tout ou en partie sur l’analyse de ces résultats. On pourrait aussi proposer de nouvelles recherches sur la mémoire collective et son rapport avec la perception et l’appréhension du présent.

 

Stéréotypes des enfants victimes de troubles déficitaires de l’attention, TDA/H (avec Hichem Slama: Hichem.Slama@ulb.ac.be):

– Quels sont les stéréotypes véhiculés à propos de ces troubles?

– Comment influencent-ils la perception des enfants victimes de ces troubles?

 

Facteurs sociaux impliqués dans les troubles alimentaires

Ces mémoires se font en collaboration avec la clinique Le Domaine à Braine l’Alleud (exige de faire un stage au domaine -> demandera une lettre de motivation et un CV).

– Quels sont les processus sociaux dans la  thérapie multifamiliale (de l’anorexie mentale). Normalisation, conformisme, comparaison sociale, identité sociale …?

– Quelles variables prédisent le succès d’une thérapie (analyse de données existantes. Accompagné d’un stage).

 

Perceptions du port du hijab (et du voile en général)

Il s’agit d’étudier les stéréotypes appliquées aux femmes portant le voile en fonction (si possible) de l’appartenance religieuse des sujets et de leur sexe. Poursuivre le mémoire d’une étudiante précédente sur ce sujet (document disponbile sur demande).

Perceptions et corrélats de l’usage d’un langage féminisé

Comment sont perçus les gens qui féminisent les noms communs, les titres de fonction? Sont-ils plus ou moins sexistes que les autres? De façon implicite ou explicite? Y a-t-il des variables modératrices (pouvoir?). Voir par exemple: Budziszewska, M., Hansen, K., & Bilewicz, M. (2014). Backlash Over Gender-Fair Language The Impact of Feminine Job Titles on Men’s and Women’s Perception of Women. Journal of Language and Social Psychology, 0261927X14544371.

Olivier Klein

Professeur ordinaire

Head of CeSCuP

Instructions

  • Monsieur Licata ne pourra s’engager à superviser qu’un seul mémoire pour cette année académique.
  • Les personnes souhaitant réaliser leur mémoire sous ma direction peuvent prendre rendez-vous par courriel : licata@ulb.ac.be.

 

En collaboration avec Simona Lastrego :

Un passé commun et de multiples mémoires collectives

La façon dont nous interprétons le passé de notre groupe d’appartenance est fondamentale pour assurer une identité sociale positive. Par conséquent, remettre en question la légitimité des actes passés du groupe auquel nous appartenons est extrêmement difficile et revient à critiquer directement son identité sociale (Doosje, Branscombe, Spears & Manstead, 1998). Ainsi, un fait historique peut être raconté différemment selon l’appartenance groupale de l’individu interrogé.

Licata et Klein (2005, 2010) ont mis en évidence des différences intergénérationnelles dans l’interprétation que font les Belges de la colonisation du Congo : les grands-parents semblent avoir une vision plus positive que leurs petits-enfants. Dans notre recherche, nous souhaitons nous intéresser aux mémoires collectives des anciens coloniaux belges et leurs descendants. Nous souhaitons plus particulièrement nous intéresser aux stratégies que les anciens coloniaux belges peuvent développer pour protéger leur identité sociale lorsqu’ils sont confrontés à la mémoire collective de la génération de leurs petits-enfants.

Bibliographie

Doosje, B., Branscombe, N.R., Spears, R. & Manstead, A.S.R. (1998). Guilty by association: When one’s group has a negative history. Journal of Personality and Social Psychology, 75, 872-886.

Licata, L., & Klein, O. (2005). Regards croisés sur un passé commun: Anciens colonisés et anciens coloniaux face à l’action belge au Congo. Dans M. Sanchez-Mazas & L. Licata (Eds.). L’Autre: Regards Psychosociaux. Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble.

Licata, L., & Klein, O. (2010). Holocaust or benevolent paternalism? Intergenerational comparisons on collective memories and emotions about Belgium’s colonial past. International Journal of Conflict and Violence, 4, 45-57.

Laurent Licata

Professeur

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  1. L’acculturation: perspectives de la minorité et de la majorité. Quelles sont les attentes de la majorité vis-à-vis de l’acculturation de personnes issues de l’immigration? Les minorités perçoivent-t-elles ces attentes ? Dans quelle mesure les stratégies d’acculturation d’une minorité reflètent ses préférences versus les pressions provenant de l’endogroupe ou de la majorité ?
    1- les stratégies d’acculturation des membres de groupes minoritaires
    2- les attitudes d’acculturation des membres de groupes majoritaires
  2. La construction sociale de la sexualité : études des normes, pratiques et attitudes sexuelles en fonction du genre, de l’adhésion au rôle de genre, et des normes sociales; études des jugements des personnes et de leur sexualité en fonction du genre, de l’orientation sexuelle, et du degré auquel la cible assume son autonomie sexuelle.
  3. Perception de la discrimination : les origines et conséquences de la perception de discrimination dans les relations intergroupes et interculturelles, que ce soit en relation avec le genre, ou chez des jeunes enfants et adolescents issus de l’immigration (au niveau de l’orientation scolaire).
  4. Le décrochage scolaire :
    1- Suivi des élèves en décrochage qui participent aux tutorats ou écoles de devoir
    2- Suivi des tuteurs qui contribuent aux tutorats destinés aux élèves en décrochage scolaire

Assaad Azzi

Professeur ordinaire

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En collaboration avec Sarah Miller

Les normes émotionnelles

Les normes émotionnelles correspondent aux normes sociales appliquées aux émotions. Elles indiquent comment se comporter de façon émotionnellement appropriée dans une situation donnée, c’est-à dire le type d’émotions qu’il est attendu de ressentir et/ou d’exprimer. Comme beaucoup de normes sociales, elles sont culturellement situées et implicites.

En raison du caractère normatif de l’école, ainsi que de la pertinence d’étudier l’apprentissage des normes à des âges différents, nous vous proposons d’étudier trois aspects des normes émotionnelles dans le cadre scolaire.

Sujet 1 : Adhésion aux normes émotionnelles et conséquences

Dans un premier mémoire, nous vous proposons de vous pencher sur les conséquences que peuvent entraîner la manifestation de comportements non conformes aux normes émotionnelles. Deux types de conséquences pourraient être étudiés:

  • D’une part, l’impact d’un comportement émotionnel non normatif sur le jugement social: comment est-ce que les autres élèves et/ou les enseignants jugent un enfant qui expriment ses émotions de façon différente, non conforme aux normes en vigueur? Est-ce que le comportement émotionnel influence la perception de caractéristiques telles que la sympathie et la compétence? Quelles seraient les conséquences sociales concrètes?
  • D’autre part, les conséquences sur l’individu qui n’adhère pas aux normes émotionnelles: est-ce que la non conformité manifeste dans l’expression des émotions peut avoir une influence négative sur l’estime de soi et/ou le sentiment de bien-être d’un enfant? Une autre approche consisterait à étudier l’impact de l’écart entre émotions ressenties et émotions exprimées sur le sentiment de bien-être.

Sujet 2 : connaissance des normes émotionnelles

Étant donné le caractère implicite des normes émotionnelles, il serait intéressant d’étudier dans quelle mesure les enfants ont connaissance de ces normes et si cette connaissance précède l’adoption, la mise en pratique de celles-ci. Une comparaison entre enfants d’âges différents pourrait être réalisée, ainsi qu’une comparaison entre des comportements émotionnels déclarés (via des vignettes, des questionnaires…) et réels (via des mises en situation réelles, jeux, observation…).

Sujet 3 : Normes émotionnelles et culture

Enfin, un mémoire pourrait traiter de l’aspect culturel tant dans l’adhésion aux normes émotionnelles (est-ce que les enfants issus de l’immigration manifestent davantage leurs émotions de façon non conforme aux normes en vigueur?), que dans le jugement social (est-ce qu’un comportement émotionnel non conforme sera jugé plus sévèrement quand il est exprimé par un individu issu de l’immigration?). Plusieurs origines culturelles et/ou sociales, associées à différents stéréotypes, pourraient être comparées.

 

En collaboration avec Pierre Fossion

ETUDE DES MECANISMES

Sujet 1 

Etude des mécanismes de résilience et de l’influence des traumas multiples et du sentiment de helplessness chez des patients en burn-out avant et après prise en charge à la clinique du stress du CHU Brugmann.

Sujet 2 

Etude des mécanismes de résilience et de l’influence des traumas multiples et du sentiment de helplessness chez des parents de patients hospitalisés en milieu psychiatrique (soit de jeunes adultes souffrant de schizophrénie, soit des enfants ou des jeunes ados hospitalisés en pédo-psychiatrie).

 

En collaboration avec Ilios Kotsou

PLEINE CONSCIENCE

Sujet 1 : Pleine conscience et résilience 

Dernièrement, la pleine conscience (« mindfulness ») est au cœur de nombreuses recherches scientifiques. Elle est appliquée avec succès tant dans la gestion du stress, la régulation de l’anxiété, la prévention des rechutes dépressives que comme traitement complémentaire dans de nombreuses pathologies, notamment chroniques. En ce qu’elle propose de changer la relation que nous avons avec nos expériences internes (sensations, pensées, émotions), la pleine conscience pourrait agir comme facteur de résilience pour des personnes exposées à des situations potentiellement traumatisantes.

Sujet 2 : Auto-compassion et burnout du soignant

Le concept de « compassion envers soi-même » s’est développé ces dernières années dans le domaine des thérapies dites l’approche « de pleine conscience ». Selon le modèle développé par Kristin Neff la compassion envers soi-même implique trois composantes: La bienveillance envers soi-même, la reconnaissance de son humanité et la pleine conscience. De nombreuses études tendent à montrer que la compassion pour soi a de nombreux effets positifs sur la santé mentale. En ce qu’elle propose un mode de relation à soi plus indulgent, particulièrement dans les moments ou l’individu se sent en échec, la compassion pour soi pourrait s’avérer être une ressource pour les soignants et un facteur protecteur contre le burnout du soignant.

Sujet 3 : Auto-compassion et comportements pro-sociaux

Le concept de « compassion envers soi-même » s’est développé ces dernières années dans le domaine des thérapies dites l’approche « de pleine conscience ». Selon le modèle développé par Kristin Neff la compassion envers soi-même implique trois composantes: La bienveillance envers soi-même, la reconnaissance de son humanité et la pleine conscience. De nombreuses études tendent à montrer que la compassion pour soi a de nombreux effets positifs sur la santé mentale. La compassion pour soi propose un mode de relation à soi plus indulgent. Cette recherche explorerait si elle favorise également les comportements pro-sociaux.

Christophe Leys

Professor

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Attitudes vis-à-vis de la guerre et genre

Pourquoi les femmes sont-elles plus souvent opposées à la guerre que les hommes ? En réponse à cette question, la plupart des interprétations scientifiques adoptent une perspective de « propriété partagée » (voir, e.g., Adell Cook & Wilcox, 1991 ; Eagly, Diekman, Johannesen-Schmidt, & Koenig, 2004 ; Johnston Conover, 1993). Il a par exemple été proposé que les attitudes des femmes vis-à-vis de la guerre découlent de leur intériorisation des rôles sociaux qui leur sont imposés et des stéréotypes qui circulent à leur propos dans la société. Selon une autre explication, si les femmes rejettent plus souvent la guerre, c’est parce qu’elles la perçoivent comme étant une des manifestations les plus abjectes des sociétés dominées par les hommes ; sociétés qui les maintiennent dans un rôle subordonnée et limitent leur participation aux décisions politiques. Dans ce projet, l’idée serait d’effectuer une meta-analyse. Une telle analyse consiste à recenser toutes les etudes qui ont tenté d’expliquer les différences femmes – hommes en matière d’attitudes vis-à-vis de la guerre dans le but d’identifier les meilleurs facteurs explicatifs et de dégager de nouvelles pistes de recherche dont certaines pourraient donner lieu à l’élaboration et à la conduite d’une étude empirique.

Médias et stéréotypes sociaux

Le rôle que les médias jouent dans la transmission et donc le maintien, voire le renforcement, des stéréotypes est souvent pointé du doigt (e.g., Duckitt, 1992/1994). Et de fait, nombreuses sont les études qui mettent en évidence la présence récurrente de stéréotypes dans les médias (e.g., Ruscher, 2001). Si l’expression de stéréotypes dans les médias est parfois explicite, elle est parfois plus subtile. C’est notamment le cas quand les journalistes mentionnent l’origine ethnique des auteurs de crimes (van Dijk, 1993). Dans ce projet, l’objectif serait d’analyser les faits-divers de plusieurs quotidiens francophones et/ou néerlandophones sur une longue periode de temps. Une telle analyse permettra d’etudier l’évolution dans le temps de la pratique qui consiste à mentionner l’origine ethnique des criminels et d’identifier des facteurs explicatifs (la mention de l’origine ethnique est-elle une pratique immuable ? Certaines origines sont-elles plus souvent mentionnées ? Cette pratique fluctue-t-elle en fonction de la situation économique du pays, par exemple le taux de chômage ? Etc.).

Identification ethnique et informations criminelles

L’identification ethnique de personnes recherchées pour crime demeure, selon la police belge, l’un des nombreux renseignements utiles à l’arrestation de délinquants (Le Soir, 28 avril 2006). Or, des études en psychologie sociale ont depuis longtemps démontré que l’identification (ou catégorisation) ethnique était affectée par de nombreux biais, tant psychologiques que méthodologiques (pour une revue, voir Bergmann, 1987). Par ailleurs, des études en sciences de la communication ont mis en évidence que, quand l’origine ethnique d’un criminel n’est pas précisée dans un article de presse, les individus ont tendance à croire que l’auteur appartient à une minorité ethnique (Gilliam, Jr & Iyengar, 2000). Dans ce projet, nous aimerions tester l’idée selon laquelle, si les auteurs d’un crime sont plus souvent jugés comme appartenant à une certaine minorité ethnique, c’est parce que le crime qu’ils ont commis est stéréotypiquement associé à cette appartenance ethnique. Ce projet a des implications possibles évidentes dans le domaine de la justice, plus particulièrement en matière de psychologie du témoignage visuel (Loftus, 1975).

Apprentissage et journaux de bord

Il n’est pas rare d’entendre les acteurs de l’éducation (enseignants, parents, élèves) se plaindre du manque d’efficacité des cours. Les apprenants oublient en effet souvent et vite ce qui leur a été enseigné parce qu’ils sont peu nombreux à organiser et/ ou à élaborer la matière une fois qu’ils ont quitté la salle de cours. L’apprentissage à long terme et la compréhension en sont négativement impactés, ce qui complique le transfert et l’apprentissage futur. Une technique qui peu permettre de surmonter ces obstacles est le journal de bord. Dans un journal de bord, les apprenants réfléchissent, après le cours, à ce qu’ils ont vécu pendant le cours avant de mettre le résultat de leur réflexion sur papier. Bien que tous les apprenants ne s’engagent pas avec la même intensité dans ce type d’activité, plusieurs études (Berthold, Nückles, & Renkl, 2007 ; Hübner, Nückles, & Renkl, 2010 ; Mc Crindle & Christensen, 1995 ; Nückles, Hübner, & Renkl, 2009) mettent en évidence que la tenue d’un journal de bord se révèle en général plus efficace que les techniques d’enseignement traditionnelles ; que ceci est d’autant plus vrai quand les stratégies cognitives et métacognitives de l’apprenant sont stimulées à l’aide d’instruction ciblées ; mais qu’il faut toutefois s’assurer que les instructions données s’adaptent bien aux déficits stratégiques initiaux de l’apprenant. A partir de ces constats, plusieurs questions de recherche émergent. Tout d’abord, qu’en est-il de l’efficacité du journal de bord épistolaire dans lequel deux apprenants réfléchissent ensemble à ce qu’ils ont vécu lors d’un cours ? Ensuite, le journal de bord ne doit-il son efficacité qu’à la stimulation des stratégies cognitives et métacognitives de l’apprenant ou, autrement dit, quid des stratégies émotionnelles ? Enfin, il serait également intéressant d’analyser le contenu de journaux de bord ayant obtenus des évaluations différentes.

Discrimination perçue basée sur le genre, doctorat et carrière académique

Plusieurs études suggèrent que le secteur académique est le lieu de pratiques discriminatoires à l’encontre des femmes qui peuvent être explicites ou implicites, volontaires ou involontaires, relationnelles ou institutionnelles, … Ceci se traduit notamment par le fait que les femmes sont parfois moins encouragées à terminer leur doctorat, moins intégrées dans le réseau professionnel de leurs promoteurs/trices, moins à même de satisfaire les exigences de mobilité internationale, etc. Tout en privilégiant une approche subjective, l’objectif est ici d’étudier cette question en analysant la disparité qui peut exister entre discrimination personnelle (i.e., dans quelle mesure une doctorante se sent discriminée en tant que femme) et discrimination groupale (dans quelle mesure une doctorante sent que les femmes sont discriminées dans le secteur académique ; Crosby, 1984) et ses effets sur l’intention de persévérer dans son doctorat et de faire carrière académique.

Le monde de la recherche et les normes scientifiques

La socialisation universitaire (autrement dit, l’adoption des valeurs professionnelles – mais aussi des compétences, attitudes, etc. – valorisées au sein du secteur académique) est, selon plusieurs auteurs (e.g., Gardner, 2010), une composante essentielle de la réussite du doctorat. L’objectif est ici d’évaluer l’impact d’une concordance ou, au contraire, d’une discordance entre les valeurs des doctorant-e-s et celles qu’ils prêtent, soit aux membres de leur équipe de recherche, soit à la communauté des chercheurs, dans son ensemble, sur l’intention de persévérer dans son doctorat et de faire carrière académique. Cette question peut également être traités sous l’angle du genre car il a été proposé que le désintérêt relatif des femmes à l’égard de la carrière académique se nourrit de la perception que le climat dans le secteur académique est (trop) compétitif et que les valeurs qui y sont véhiculées sont principalement masculines.

Le doctorat, réflexivité et soutien social

Les évènements de vie importants semblent avoir des effets à court et à long terme sur les individus qui les vivent. Cependant, afin de mieux prédire ces effets, il semble également indispensable de prendre en compte la façon dont les individus font face à ces évènements et la qualité des ressources sociales dont ils disposent (Billings & Moos, 1981). L’objectif est ici de répondre à la question de savoir si la réflexivité des doctorant-e-s et le soutien social perçu (i.e., dans quelle mesure ils ou elles se sentent soutenu-e-s, notamment par leur promoteur/trice) permettent d’atténuer les effets délétères des problèmes rencontrés dans la réalisation du doctorat.

Nicolas Van der Linden

Post-Doc & Chargé de cours temps partiel

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