« Notre grandeur n'est plus ce qu'elle était » : Perception de menace du statut du pays et volonté d’élire un dirigeant « fort » (5 Juillet 2022)

« Notre grandeur n'est plus ce qu'elle était » : Perception de menace du statut du pays et volonté d’élire un dirigeant « fort » Dr. Octavia Ionescu (Université Paris Nanterre, France) Abstract. Des travaux suggèrent que l'utilisation d’une rhétorique décliniste afin de justifier la nécessité d’un leadership fort et

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5 July 2022 - 12 h 45 min

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5 July 2022 - 14 h 00 min

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50 avenue Franklin Roosevelt, Unité de Psychologie Sociale CP122. Campus du Solbosch, bâtiment D, 8e étage, salle de séminaire (DC8.322).   View map

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« Notre grandeur n’est plus ce qu’elle était » : Perception de menace du statut du pays et volonté d’élire un dirigeant « fort »

Dr. Octavia Ionescu (Université Paris Nanterre, France)

Abstract. Des travaux suggèrent que l’utilisation d’une rhétorique décliniste afin de justifier la nécessité d’un leadership fort et autoritaire serait courante chez certains leaders politiques (Mols & Jetten, 2014). Pourtant, peu de recherches ont examiné si le fait de percevoir que le statut dominant de son pays est en déclin –i.e., la perception de menace du statut du pays– prédit effectivement une volonté accrue de voir un leader « fort » gouverner le pays. Dans quatre études corrélationnelles menées en France, en Malaisie et au Chili (N = 1834), nous avons tout d’abord testé si la perception de menace du statut du pays était positivement associée à la volonté d’élire deux types de leaders politiques forts (conservateur et progressiste) à travers des ressentis accrus de nostalgie nationale et d’angoisse existentielle collective. Dans les quatre études, percevoir que le statut du pays était menacé prédisait positivement la volonté d’élire un leader fort, qu’il soit conservateur ou progressiste. Dans les échantillons français et chilien, le chemin émotionnel sous-jacent dépendait par ailleurs du type de leader, de sorte que la nostalgie nationale prédisait positivement le souhait d’élire un leader fort conservateur, mais pas progressiste. Les résultats d’une cinquième étude, dans laquelle nous avons analysé le contenu des discours de campagne de deux candidats à l’élection présidentielle française de 2017 (leader fort conservateur : Marine Le Pen ; leader fort progressiste : Jean-Luc Mélenchon), soulignent que bien que les deux leaders font appel à des récits mêlant menace du statut, nostalgie pour la France du passé, et angoisse vis-à-vis de la pérennité de la France dans le futur, ceux-ci sont présents à des degrés différents et ne se basent pas sur les mêmes représentations de la France à travers le temps. Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent (1) que les récits déclinistes constituent un terrain fertile pour le souhait de diverses formes de leadership fort et (2) que la prise en compte du contenu des représentations sur lesquelles se basent la nostalgie et l’angoisse vis-à-vis du futur serait indispensable afin de comprendre plus finement les mécanismes qui mènent d’une perception de menace de statut du pays à un soutien accru pour un leader fort conservateur vs. progressiste.

Ce séminaire aura lieu en présentiel ainsi que dans cette salle de séminaire virtuelle.

 

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